Commençons par ton actu. Un livre, un film et un single de rap ?
J'avais écrit un premier livre qui a très bien marché. J'en ai écrit un deuxième (« Mes vies ») qui raconte ce qui s'est passé durant mon incarcération aux Etats-Unis. Concernant le rap, Karim (alias Rim-K) du 113 avait déjà écrit un rap sur moi en 2004. Il voulait faire quelque chose. Comme je trouvais que leurs démarches étaient sincères je me suis intéressé à ce projet. Puis un jour je me suis retrouvé en studio. Ils étaient chacun dans leur coin en train d'écrire. Moi, je me demandais ce que je faisais là ! Finalement on est sorti de là à cinq heures du matin. Je me suis retrouvé devant le micro et ils m'ont demandé de raconter ma vie et cela c'est fait comme cela. Enfin pour le film le producteur, Thomas Langmann avait acheté les droits sur mon livre. Ce sera un film franco-américain.
Tu n'as pas peur de te disperser ?
Non, je ne crois pas. Il faut être créatif. Moi, j'étais créatif au départ, on connaît mon enfance, ce n'est pas un justificatif mais j'ai payé. J'ai fait 5 ans dans un milieu carcéral américain. Je ne dois plus rien à personne. On ne va pas revenir sur ce passé à chaque fois. Il faut prendre les projets avec conviction. En France les gens n'ont plus de convictions, ils deviennent des produits et sont prêts à se corrompre. Moi je suis contre cela. On pourra dire « Rocancourt s'est trompé », mais on ne pourra pas dire « Rocancourt a été malhonnête et s'est corrompu».
Ce matin, lorsqu'on t'a vu au défilé, c'était surréaliste. Un gars est sorti de nulle, sans te saluer, s'est mis prés de toi pour prendre une photo puis est parti comme il est venu. Ton statut actuel de “star” ne te fait pas un peu ricaner ?
Non, je ne ricane pas. Il faut avoir le respect de l'humain. Il y a une tristesse dans cela. La démarche de l'homme n'est plus animée de vrais sentiments. Moi, si je dis bonjour à quelqu'un, que ce soit, un clochard ou une star, comme Al Pacino je lui dis bonjour parce que c'est un humain. Je ne suis pas du tout ébloui ou émerveillé parce que je serre la main d'un acteur. Tout cela c'est aléatoire, il n'y a pas de substances. Je n'y prends aucun plaisir. C'est pour ça que je sors très peu. Je ne veux pas rentrer dans ce truc
Quel regard portes-tu sur le star system ?
Je ne crois pas du tout au star system en France. Je ne crois pas aux paillettes. Il y a beaucoup de vide. Je suis quelqu'un d'intègre. Le coté star est très aléatoire ! Qui se souviendra de cette conversation dans cent ans ? Il ne faut pas oublier qu'on est peu de choses. Le star system en France c'est un petit système par rapport à ce qui ce fait aux Etats-Unis. En plus les acteurs américains sont en général plus cool que les acteurs français. Maintenant en France tout le monde est une star...Star Academy, Méthode Cauet...Tu ne sais pas pourquoi ces gens sont là ! Ils enlèvent leurs soutiens-gorge,...Si ça peut émoustiller un peu les gens c'est très bien, moi je regarde ça de loin.
Pourtant un moment tu as couru après cela, non ?
Non, on n'a pas couru après ça ! Si vous faites un travail de journalistes il faut le faire avec intégrité ! Je n'ai aucun problème à ce qu'on me dise des choses, du moment qu'elles sont vraies ! Premièrement, je n'ai pas couru après les paillettes. La première femme que j'ai épousée est un mannequin chez Ford, la deuxième était une actrice. Pas une actrice en France, mais une actrice qui avait joué dans un film avec Steven Seagal ! Je n'ai pas couru ! Cette femme faisait partie d' Hollywood, donc bien sûr nous allions aux Oscars ou aux party d'Elton John...Si votre mari est un ouvrier vous irez le chercher à l'usine ! Il faut arrêter d'affabuler genre « Rocancourt a escroqué des stars ». Cela été démontré par une Cour fédérale des Etats-Unis ! Je n'ai pas été condamné pour avoir escroqué de l'argent à Van Damme ou Mickey Rourke... J'ai était condamné pour « Wire Fraud » transfert frauduleux. Voilà, je ne renie rien mais je refuse l'affabulation pour vendre du journal. C'est pour ça que ma démarche aux Etats-Unis où j'étais connu (j'ai fait la première page du New York Times et dix pages dans Vanity Fair) tous les magazines que j'ai fait ont été des magazines intègres.
Très bien. Disons que tu en profites un petit peu...
Pourquoi ? J'ai écrit un livre. Mon livre marche très bien il s'est vendu à 250 000 exemplaires, c'est un best seller.
D'accord mais tu sais que c'est le genre d'histoire qui plaît...
Je n'ai pas commencé ma vie en disant «je vais faire une histoire qui plaît ! » Cela fait partie de mon destin, de ma trajectoire. Quand j'étais gamin et que je n'avais pas de chaussures je ne pensais pas faire un livre et un film sur ma vie ! Et puis c'est un prix à cher à payer quand même ! Mais je remercie Dieu de m'avoir donner cette expérience en tant qu'homme.
Tu aurais pu écrire ton livre et dire « je ne fais pas de promo » Ou mieux, vivre ce que tu as vécu et puis décider de te retirer...
Si on parle du mon coté de vie, je me suis retiré. On ne peut exorciser ses fantômes qu'en les affrontant. Moi, ces cinq années,... (il se reprend) C'est dur à expliquer à quelqu'un qui n'a pas vécu cela...Un humain mis dans une boite pendant cinq ans dans quatre mètres carré, intellectuellement tu ne sors pas indemne. Mon avantage, disons la grâce de Dieu, c'est que je n'ai pas été cassé intellectuellement. Je dois exorciser mes fantômes c'est cinq ans que tu gardes dans l'estomac. Ce n'est pas quelque chose de banal ! Je ne raconte pas les paillettes, je décris le milieu carcéral de l'intérieur. D'ailleurs ce livre va sans doute déranger parce que la vérité dérange. Je ne suis qu'un produit de la société. La France s'occupe mal de ses enfants donc ne vous étonnez pas qu'ensuite ils finissent derrière les barreaux. Ne vous plaignez pas. Ou on donne l'opportunité à l'humain de grandir, ou vous en faites des fauves ! Il faut faire un vrai débat ! J'ai écrit ce livre avec des convictions. Je ne me suis pas dit : « bon je vais me faire beaucoup d'argent. » Si on regarde mes apparitions télévisuelles je fais des vrais choses. Je ne fais pas « la Méthode Cauet » pourtant ça a de l'audience. Je pourrais faire cette émission quand je veux. Mais je la refuse par convictions parce que je n'y ai pas ma place.
Que diras-tu à ton fils sur ta vie ?
Je vais lui dire qu'il fasse ses choix en tant qu'homme, comme j'ai fait les miens. On parle tout le temps de libéralisme...Mais on ne sait plus exactement ce qu'est la liberté. Je respecte la femme qui m'a donné mon fils et je respecte mon fils en tant qu'individu. Je l'aime plus que tout mais je le respecte en tant qu'individu. Il regardera la vérité et me donnera son opinion.
Quel est ton rapport à l'argent ?
Lorsque vous conduisez une Bentley, il faut mettre de l'essence au sinon le moteur n'avance pas. Voilà, l'argent n'est qu'un moyen de locomotion. On mange, on boit, c'est tout. On est dans une société capitaliste donc on vit avec l'argent.
Tu aurais pu choisir de vivre avec moins d'argent...
J'aime la beauté dans tout ces sens. Les gens qui n'ont pas d'argent ont les réduits dans leurs libertés. Les gens qui ont un peu plus d'argent, ont plus de liberté. On en est arrivé à cela. Si tu n'as pas, on te met dans un placard ! Et si vraiment tu n'en a pas on te met derrière les barreaux ! Les prisons sont remplies ! Moi, je l'ai mérité mais la réinsertion n'existe pas. Les gens qui dérangent on leur met un petit numéro d'écrou et le bon citoyen est content. En fait le bon citoyen n'est protégé de rien ! Ils commencent juste à découvrir la vérité en France avec les banlieues ! Aucun humain ne naît avec un mauvais fond, il devient mauvais. Un enfant dés le départ est pur, c'est la société qui l'abîme. Moi, j'ai vécu cela par ma mère. Je ne lui en veux pas, je la comprends. Ma mère était une prostituée, elle a gagné son argent comme elle a pu. Que Dieu me préserve de la juger ! C'est ma mère...On devient brut, ça donne un homme comme moi qui est brut dans tout les sens. Je dis ce que je pense.
Lorsque tu as décidé de t'installer aux Etats-Unis pourquoi ne t'es tu pas installé dans un ranch au Kansas ?
(Il sourit) Non, j'étais en cavale et puis on a fait le choix d'être malhonnête. Je l'assume. On ne pouvait pas penser que ça prendrait cette ampleur. Mais bon, Dieu a un sens de l'humour incroyable ! Il n'avait pas une chaussure quand il était jeune et il rentré partout : jusqu'aux Oscars ! Ça prouve bien que tout est vanité.
On a lu que tu étais un féru de Nietzsche...
J'adore Nietzsche. Très jeune ça m'a passionné. J'aime Nietzsche parce qu'il a une détermination sur la morale. Il a une détermination sur l'intelligence. Ce n'est pas un corrompu. Ce n'est pas quelqu'un qui s'est vendu intellectuellement. Il n'a pas écrit des livres comme ça. Moi c'est ce que je reproche aux écrivains. Ils écrivent pour écrire, pour la reconnaissance. Pas tous. Ils se foutent des humains. Nietzsche avait cette démarche à l'état pur. Je me retrouve dans Nietzsche actuellement parce que c'est quelqu'un qui avait une vraie démarche. C'était un moraliste avec une morale forte. Nietzsche était fort par l'intelligence.
Que t'inspire cette pensée de Nietzsche ? « A force de paraître on finit par être»
On paraît tous. Vous pouvez me dire que vous avez une vraie existence ? Lorsque vous rencontrez quelqu'un est-ce la vraie personne que vous rencontrez ? On paraît tous. C'est qu'on « devienne » qui est important. C'est l'absolu. Que l'on devienne vrai, que l'on existe réellement.
« Exister réellement » ?
C'est une personne qui a le courage de ses actes intellectuels et moraux. C'est une personne qui n'est pas corrompu ni par l'argent ni par des biens matériels ou par la vanité.
Tu tends à cela ?
Non je suis comme ça. Si j'ai envie aujourd'hui d'aller à une avant-première en jeans et baskets j'y vais. Je ne me demande pas si l'on va m'accepter ou pas.
Tu peux te le permettre aussi...
On peut tout se permettre. Ce que les gens ne se permettent pas c'est leurs peurs. Ils veulent la reconnaissance, l'approbation des gens. Le seul maître, la seule personne dont j'attends l'approbation, la seule personne qui peut me mettre à genoux c'est Dieu. L'humain ne peut pas me faire mettre à genoux. Je peux respecter une démarche intellectuelle, mais je ne peux pas vénérer un humain.
Tu as toujours eu ce recul même quand tu faisais tes affaires à Hollywood ?
Je n'ai jamais fait d'affaires à Hollywood ! J'ai fait mes affaires avec des hommes d'affaires, qui n'étaient pas très brillants, c'est le moins que l'on puisse dire. (il sourit) Ils se prenaient pour des génies
Tu as joué là-dessus ?
Un moment j'étais le con et puis il se sont rendus compte un peu tard à la fin, que c'étaient eux les cons.
Tu es un peu manipulateur ?
On est tous manipulateur.
Toi plus que d'autres
Pourquoi moi plus que d'autres ?
Parce que tu as un bon sens de l'observation.
Tout le monde l'a ce sens ! Tu crois que les politiques ne l'ont pas ? Comment crois-tu que ce pays est dirigé ? On est tous manipulateurs à la base ! Même les enfants !
Bon disons que tu as plus de facilités...
Oui j'ai des facilités intellectuelles.
A quoi aspires-tu aujourd'hui ?
La seule chose que je brigue en tant qu'humain c'est que Dieu me rappelle quand il le veut. Au sinon, j'aimerais bien avoir une vraie dimension intellectuelle, avoir des vrais pensées...On peut faire des couvertures de magazines ou d'articles mais tout cela est aléatoire. Ce qui est important, c'est de se poser de vraies questions. Les gens ne se posent plus les vraies questions. Ils acceptent tout. Moi, je n'accepte pas tout. Je refuse la soumission. Je veux bien être soumis à l'intelligence mais pas à la bêtise. Voilà ma démarche. J'accepte toute critique intellectuelle du moment qu'elle est fondée. Ce qui m'emmerde c'est les cons ! Les faux intelligents qui veulent paraître intelligent et en fait sont des cons. Ils n'arrivent même pas à suivre ce qu'ils disent parce qu'ils n'ont pas de convictions. J'aspire simplement à la tranquillité, j'aime bien la campagne, marcher dans la terre. On y trouve des choses beaucoup plus importantes que dans une première !
Tu as toujours eu ce point de vue ?
J'ai toujours été un paysan. Un paysan intelligent. J'aime la terre. Il faut vous souvenir que je suis à moitié gitan. Les gitans nous sommes des gens libres dés la naissance. On naît sans papiers.
C'est bizarre ce que tu dis....
Pourquoi c'est bizarre ?
Non disons que c'est étonnant au vue de ton parcours...
On trouve peut-être étonnant que quelqu'un avec mon parcours aie une tête. On s'attend à quelqu'un de limité.
Non, on est surpris que tu relativises autant
On est obligé. On est si peu de choses.
J'avais écrit un premier livre qui a très bien marché. J'en ai écrit un deuxième (« Mes vies ») qui raconte ce qui s'est passé durant mon incarcération aux Etats-Unis. Concernant le rap, Karim (alias Rim-K) du 113 avait déjà écrit un rap sur moi en 2004. Il voulait faire quelque chose. Comme je trouvais que leurs démarches étaient sincères je me suis intéressé à ce projet. Puis un jour je me suis retrouvé en studio. Ils étaient chacun dans leur coin en train d'écrire. Moi, je me demandais ce que je faisais là ! Finalement on est sorti de là à cinq heures du matin. Je me suis retrouvé devant le micro et ils m'ont demandé de raconter ma vie et cela c'est fait comme cela. Enfin pour le film le producteur, Thomas Langmann avait acheté les droits sur mon livre. Ce sera un film franco-américain.
Tu n'as pas peur de te disperser ?
Non, je ne crois pas. Il faut être créatif. Moi, j'étais créatif au départ, on connaît mon enfance, ce n'est pas un justificatif mais j'ai payé. J'ai fait 5 ans dans un milieu carcéral américain. Je ne dois plus rien à personne. On ne va pas revenir sur ce passé à chaque fois. Il faut prendre les projets avec conviction. En France les gens n'ont plus de convictions, ils deviennent des produits et sont prêts à se corrompre. Moi je suis contre cela. On pourra dire « Rocancourt s'est trompé », mais on ne pourra pas dire « Rocancourt a été malhonnête et s'est corrompu».
Ce matin, lorsqu'on t'a vu au défilé, c'était surréaliste. Un gars est sorti de nulle, sans te saluer, s'est mis prés de toi pour prendre une photo puis est parti comme il est venu. Ton statut actuel de “star” ne te fait pas un peu ricaner ?
Non, je ne ricane pas. Il faut avoir le respect de l'humain. Il y a une tristesse dans cela. La démarche de l'homme n'est plus animée de vrais sentiments. Moi, si je dis bonjour à quelqu'un, que ce soit, un clochard ou une star, comme Al Pacino je lui dis bonjour parce que c'est un humain. Je ne suis pas du tout ébloui ou émerveillé parce que je serre la main d'un acteur. Tout cela c'est aléatoire, il n'y a pas de substances. Je n'y prends aucun plaisir. C'est pour ça que je sors très peu. Je ne veux pas rentrer dans ce truc
Quel regard portes-tu sur le star system ?
Je ne crois pas du tout au star system en France. Je ne crois pas aux paillettes. Il y a beaucoup de vide. Je suis quelqu'un d'intègre. Le coté star est très aléatoire ! Qui se souviendra de cette conversation dans cent ans ? Il ne faut pas oublier qu'on est peu de choses. Le star system en France c'est un petit système par rapport à ce qui ce fait aux Etats-Unis. En plus les acteurs américains sont en général plus cool que les acteurs français. Maintenant en France tout le monde est une star...Star Academy, Méthode Cauet...Tu ne sais pas pourquoi ces gens sont là ! Ils enlèvent leurs soutiens-gorge,...Si ça peut émoustiller un peu les gens c'est très bien, moi je regarde ça de loin.
Pourtant un moment tu as couru après cela, non ?
Non, on n'a pas couru après ça ! Si vous faites un travail de journalistes il faut le faire avec intégrité ! Je n'ai aucun problème à ce qu'on me dise des choses, du moment qu'elles sont vraies ! Premièrement, je n'ai pas couru après les paillettes. La première femme que j'ai épousée est un mannequin chez Ford, la deuxième était une actrice. Pas une actrice en France, mais une actrice qui avait joué dans un film avec Steven Seagal ! Je n'ai pas couru ! Cette femme faisait partie d' Hollywood, donc bien sûr nous allions aux Oscars ou aux party d'Elton John...Si votre mari est un ouvrier vous irez le chercher à l'usine ! Il faut arrêter d'affabuler genre « Rocancourt a escroqué des stars ». Cela été démontré par une Cour fédérale des Etats-Unis ! Je n'ai pas été condamné pour avoir escroqué de l'argent à Van Damme ou Mickey Rourke... J'ai était condamné pour « Wire Fraud » transfert frauduleux. Voilà, je ne renie rien mais je refuse l'affabulation pour vendre du journal. C'est pour ça que ma démarche aux Etats-Unis où j'étais connu (j'ai fait la première page du New York Times et dix pages dans Vanity Fair) tous les magazines que j'ai fait ont été des magazines intègres.
Très bien. Disons que tu en profites un petit peu...
Pourquoi ? J'ai écrit un livre. Mon livre marche très bien il s'est vendu à 250 000 exemplaires, c'est un best seller.
D'accord mais tu sais que c'est le genre d'histoire qui plaît...
Je n'ai pas commencé ma vie en disant «je vais faire une histoire qui plaît ! » Cela fait partie de mon destin, de ma trajectoire. Quand j'étais gamin et que je n'avais pas de chaussures je ne pensais pas faire un livre et un film sur ma vie ! Et puis c'est un prix à cher à payer quand même ! Mais je remercie Dieu de m'avoir donner cette expérience en tant qu'homme.
Tu aurais pu écrire ton livre et dire « je ne fais pas de promo » Ou mieux, vivre ce que tu as vécu et puis décider de te retirer...
Si on parle du mon coté de vie, je me suis retiré. On ne peut exorciser ses fantômes qu'en les affrontant. Moi, ces cinq années,... (il se reprend) C'est dur à expliquer à quelqu'un qui n'a pas vécu cela...Un humain mis dans une boite pendant cinq ans dans quatre mètres carré, intellectuellement tu ne sors pas indemne. Mon avantage, disons la grâce de Dieu, c'est que je n'ai pas été cassé intellectuellement. Je dois exorciser mes fantômes c'est cinq ans que tu gardes dans l'estomac. Ce n'est pas quelque chose de banal ! Je ne raconte pas les paillettes, je décris le milieu carcéral de l'intérieur. D'ailleurs ce livre va sans doute déranger parce que la vérité dérange. Je ne suis qu'un produit de la société. La France s'occupe mal de ses enfants donc ne vous étonnez pas qu'ensuite ils finissent derrière les barreaux. Ne vous plaignez pas. Ou on donne l'opportunité à l'humain de grandir, ou vous en faites des fauves ! Il faut faire un vrai débat ! J'ai écrit ce livre avec des convictions. Je ne me suis pas dit : « bon je vais me faire beaucoup d'argent. » Si on regarde mes apparitions télévisuelles je fais des vrais choses. Je ne fais pas « la Méthode Cauet » pourtant ça a de l'audience. Je pourrais faire cette émission quand je veux. Mais je la refuse par convictions parce que je n'y ai pas ma place.
Que diras-tu à ton fils sur ta vie ?
Je vais lui dire qu'il fasse ses choix en tant qu'homme, comme j'ai fait les miens. On parle tout le temps de libéralisme...Mais on ne sait plus exactement ce qu'est la liberté. Je respecte la femme qui m'a donné mon fils et je respecte mon fils en tant qu'individu. Je l'aime plus que tout mais je le respecte en tant qu'individu. Il regardera la vérité et me donnera son opinion.
Quel est ton rapport à l'argent ?
Lorsque vous conduisez une Bentley, il faut mettre de l'essence au sinon le moteur n'avance pas. Voilà, l'argent n'est qu'un moyen de locomotion. On mange, on boit, c'est tout. On est dans une société capitaliste donc on vit avec l'argent.
Tu aurais pu choisir de vivre avec moins d'argent...
J'aime la beauté dans tout ces sens. Les gens qui n'ont pas d'argent ont les réduits dans leurs libertés. Les gens qui ont un peu plus d'argent, ont plus de liberté. On en est arrivé à cela. Si tu n'as pas, on te met dans un placard ! Et si vraiment tu n'en a pas on te met derrière les barreaux ! Les prisons sont remplies ! Moi, je l'ai mérité mais la réinsertion n'existe pas. Les gens qui dérangent on leur met un petit numéro d'écrou et le bon citoyen est content. En fait le bon citoyen n'est protégé de rien ! Ils commencent juste à découvrir la vérité en France avec les banlieues ! Aucun humain ne naît avec un mauvais fond, il devient mauvais. Un enfant dés le départ est pur, c'est la société qui l'abîme. Moi, j'ai vécu cela par ma mère. Je ne lui en veux pas, je la comprends. Ma mère était une prostituée, elle a gagné son argent comme elle a pu. Que Dieu me préserve de la juger ! C'est ma mère...On devient brut, ça donne un homme comme moi qui est brut dans tout les sens. Je dis ce que je pense.
Lorsque tu as décidé de t'installer aux Etats-Unis pourquoi ne t'es tu pas installé dans un ranch au Kansas ?
(Il sourit) Non, j'étais en cavale et puis on a fait le choix d'être malhonnête. Je l'assume. On ne pouvait pas penser que ça prendrait cette ampleur. Mais bon, Dieu a un sens de l'humour incroyable ! Il n'avait pas une chaussure quand il était jeune et il rentré partout : jusqu'aux Oscars ! Ça prouve bien que tout est vanité.
On a lu que tu étais un féru de Nietzsche...
J'adore Nietzsche. Très jeune ça m'a passionné. J'aime Nietzsche parce qu'il a une détermination sur la morale. Il a une détermination sur l'intelligence. Ce n'est pas un corrompu. Ce n'est pas quelqu'un qui s'est vendu intellectuellement. Il n'a pas écrit des livres comme ça. Moi c'est ce que je reproche aux écrivains. Ils écrivent pour écrire, pour la reconnaissance. Pas tous. Ils se foutent des humains. Nietzsche avait cette démarche à l'état pur. Je me retrouve dans Nietzsche actuellement parce que c'est quelqu'un qui avait une vraie démarche. C'était un moraliste avec une morale forte. Nietzsche était fort par l'intelligence.
Que t'inspire cette pensée de Nietzsche ? « A force de paraître on finit par être»
On paraît tous. Vous pouvez me dire que vous avez une vraie existence ? Lorsque vous rencontrez quelqu'un est-ce la vraie personne que vous rencontrez ? On paraît tous. C'est qu'on « devienne » qui est important. C'est l'absolu. Que l'on devienne vrai, que l'on existe réellement.
« Exister réellement » ?
C'est une personne qui a le courage de ses actes intellectuels et moraux. C'est une personne qui n'est pas corrompu ni par l'argent ni par des biens matériels ou par la vanité.
Tu tends à cela ?
Non je suis comme ça. Si j'ai envie aujourd'hui d'aller à une avant-première en jeans et baskets j'y vais. Je ne me demande pas si l'on va m'accepter ou pas.
Tu peux te le permettre aussi...
On peut tout se permettre. Ce que les gens ne se permettent pas c'est leurs peurs. Ils veulent la reconnaissance, l'approbation des gens. Le seul maître, la seule personne dont j'attends l'approbation, la seule personne qui peut me mettre à genoux c'est Dieu. L'humain ne peut pas me faire mettre à genoux. Je peux respecter une démarche intellectuelle, mais je ne peux pas vénérer un humain.
Tu as toujours eu ce recul même quand tu faisais tes affaires à Hollywood ?
Je n'ai jamais fait d'affaires à Hollywood ! J'ai fait mes affaires avec des hommes d'affaires, qui n'étaient pas très brillants, c'est le moins que l'on puisse dire. (il sourit) Ils se prenaient pour des génies
Tu as joué là-dessus ?
Un moment j'étais le con et puis il se sont rendus compte un peu tard à la fin, que c'étaient eux les cons.
Tu es un peu manipulateur ?
On est tous manipulateur.
Toi plus que d'autres
Pourquoi moi plus que d'autres ?
Parce que tu as un bon sens de l'observation.
Tout le monde l'a ce sens ! Tu crois que les politiques ne l'ont pas ? Comment crois-tu que ce pays est dirigé ? On est tous manipulateurs à la base ! Même les enfants !
Bon disons que tu as plus de facilités...
Oui j'ai des facilités intellectuelles.
A quoi aspires-tu aujourd'hui ?
La seule chose que je brigue en tant qu'humain c'est que Dieu me rappelle quand il le veut. Au sinon, j'aimerais bien avoir une vraie dimension intellectuelle, avoir des vrais pensées...On peut faire des couvertures de magazines ou d'articles mais tout cela est aléatoire. Ce qui est important, c'est de se poser de vraies questions. Les gens ne se posent plus les vraies questions. Ils acceptent tout. Moi, je n'accepte pas tout. Je refuse la soumission. Je veux bien être soumis à l'intelligence mais pas à la bêtise. Voilà ma démarche. J'accepte toute critique intellectuelle du moment qu'elle est fondée. Ce qui m'emmerde c'est les cons ! Les faux intelligents qui veulent paraître intelligent et en fait sont des cons. Ils n'arrivent même pas à suivre ce qu'ils disent parce qu'ils n'ont pas de convictions. J'aspire simplement à la tranquillité, j'aime bien la campagne, marcher dans la terre. On y trouve des choses beaucoup plus importantes que dans une première !
Tu as toujours eu ce point de vue ?
J'ai toujours été un paysan. Un paysan intelligent. J'aime la terre. Il faut vous souvenir que je suis à moitié gitan. Les gitans nous sommes des gens libres dés la naissance. On naît sans papiers.
C'est bizarre ce que tu dis....
Pourquoi c'est bizarre ?
Non disons que c'est étonnant au vue de ton parcours...
On trouve peut-être étonnant que quelqu'un avec mon parcours aie une tête. On s'attend à quelqu'un de limité.
Non, on est surpris que tu relativises autant
On est obligé. On est si peu de choses.

